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Les principales actualités

Décembre 2013 :
Création du collectif Greffes+

Octobre 2013 :
Manifeste en faveur du don d'organes"

Aout 2013 :
"Reportage jt 13h de TF1 sur le don d'organes"

Juin 2013 :
"Journée Nationale de réflexion sur le don d'organes"


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Témoignages

Pr Rédha Souilamas
Chirurgien thoracique à l'Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris


Le poumon, parent pauvre de la greffe

Dans mon hôpital, nous sommes passés de 15 greffes en 2003 à 25 en 2005.
J'ai procédé depuis 2004 à une réorganisation du service pour augmenter le nombre de greffes en insistant sur la sensibilisation et l'importance du prélèvement. 85% des greffes de poumons que nous réalisons concernent des patients atteints de mucoviscidose. Ce sont des enfants, des adolescents de moins de 16 ans, prioritaires selon la loi, et de jeunes adultes.

La mucoviscidose s'attaque à des innocents, qu'elle frappe dès leur naissance. Face à cette injustice, la société devrait se mobiliser pour leur donner le droit de vivre le plus longtemps possible, grâce à une greffe. Sans elle, ils ne dépassent pas l'âge de 30 ans en moyenne. Malheureusement, beaucoup de patients atteints de mucoviscidose meurent encore en attente de greffe.

Une meilleure sensibilisation des malades atteints de la mucoviscidose

Nous organisons le premier contact avec les centres CRCM (centre de Ressources Contre la Mucoviscidose) qui s'occupent des futurs greffés pour les préparer en amont. Souvent les médecins ont une attitude paternaliste et nous amènent leur patient beaucoup trop tardivement.
Nous animons des réunions de sensibilisation auprès des malades, des parents et des médecins pour expliquer que la greffe est une vraie chance de reculer l'échéance de la mort et que les complications font partie des risques. Pour les mettre en confiance, nous cherchons à assouplir la procédure d'inscription sur la liste. Dès qu'ils vont mieux, par exemple, ils sont mis en stand by. Ainsi ils viennent à la greffe en douceur pour être prêt lorsqu'elle devient inévitable.

Il existe des critères d'inscription sur la liste d'attente. Un soutien familial fort est important. Aux Etats-Unis, le candidat à la greffe passe devant une commission composée de travailleurs sociaux et de psychologues pour déterminer s'il a le bon profil et s'il va aller jusqu'au bout. Car il n'est pas question de perdre un greffon, en cas de refus de dernière minute.

Amélioration des conditions de prélèvement

Le poumon est l'organe le moins greffé : 1,4 poumons par millions d'habitants en 2003, 2 en 2006 contre 3,7 en Espagne. Pourquoi ? C'est un organe très fragile, qui s'abîme rapidement lors du prélèvement.
Nous essayons de sensibiliser les médecins réanimateurs à ce qu'ils prennent en compte ces spécificités et que toutes les précautions soient prises pour ne pas endommages les poumons des personnes en état de mort encéphalique.

Des campagnes d'éducation à la solidarité

Il n'y a pas assez de donneurs en France, sans doute parce que les campagnes de sensibilisation ne sont pas assez offensives. Il n'y a pas d'éducation ni de sensibilisation à cette solidarité inversée qu'est le don d'organes. Il faudrait qu'il y ait davantage d'émissions de télévision. Le clip de quelques secondes que l'Association Vaincre la mucoviscidose avait diffusé a été censuré parce jugé trop brutal. On y voyait une petite fille qui soufflait des bougies le jour de son anniversaire avec le message suivant : « Est-ce qu'elle sera encore là pour souffler ses bougies l'an prochain ? ». C'est peut-être brutal. Mais je connais pas mal de gens dont l'enfant est mort parce qu'il n'a pas pu être greffé à temps.



 

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