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Les principales actualités

Décembre 2013 :
Création du collectif Greffes+

Octobre 2013 :
Manifeste en faveur du don d'organes"

Aout 2013 :
"Reportage jt 13h de TF1 sur le don d'organes"

Juin 2013 :
"Journée Nationale de réflexion sur le don d'organes"


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Témoignages

Pr Daniel Loisance
Chirurgien transplanteur cardiaque à l'Hôpital Henri Mondor, Créteil


Le cour, une entité à part dans la transplantation

La transplantation cardiaque a un statut à part dans le domaine des greffes, ne serait-ce que par la place singulière qu'il occupe dans l'imaginaire collectif. Surtout, la qualité du greffon est déterminante : si elle est médiocre, elle risque d'entraîner la mort du receveur !

Dans ce contexte, la pénurie d'organe prend une dimension critique. Le nombre de greffons cardiaques disponibles est très insuffisant. De surcroît, les caractéristiques de ces greffons obtenus aujourd'hui sont moins favorables à la greffe qu'il y a vingt ans : à cette époque des débuts de la greffe cardiaque, les deux tiers des greffons provenaient de la traumatologie routière et l'âge moyen des donneurs était de 25 ans. Aujourd'hui, beaucoup de greffons proviennent de donneurs décédés d'un accident vasculaire cérébral, dus à de l'hypertension artérielle, dont l'âge dépasse souvent les 40 ans. En conséquence, souvent les greffons disponibles sont trop abîmés pour être utilisables.

Malgré ces difficultés, les malades qui ont été greffés du cour ont l'impression de vivre une seconde vie. La greffe représente pour eux un formidable bouleversement...

La pénurie conduit peut être les cardiologues à une auto censure : certains patients présentent une bonne indication de greffe mais nous n'allons pas leur proposer l'inscription sur une liste d'attente pour ne pas qu'ils soient soumis à cette pression considérable sans être certains d'obtenir un greffon.

Le nombre de greffes cardiaques réalisées a donc considérablement diminué : il y a 20 ans, nous en faisions 700 par an contre environ 300 actuellement.

Des appareils d'assistance circulatoire (jarviks) ont été mis au point dans les années 1975 pour remplacer la greffe, mais l'on observe une certaine dérive dans leur utilisation. Aujourd'hui, ils servent le plus souvent à maintenir les patients en vie jusqu'à la greffe, qui, faute de greffons disponibles, ne peut être réalisée à temps. L'état de ces malades cependant risque de se dégrader avec le temps. Les chances de succès de la greffe à venir diminuent d'autant...Seule l'utilisation à titre définitif de ces machines est une bonne solution au problème de la pénurie de greffons

Lorsqu'un prélèvement est réalisé, l'équipe de transplantation se déplace pour prélever le cour qui a été attribué par l'Agence de la Biomédecine à un malade de son service. Mais nous n'intervenons en rien dans l'organisation du don d'organe. La règle absolue inscrite dans la loi est que les équipes de transplantation n'ont aucun lien avec les équipes de prélèvement. Avant cette loi de 1994, l'essentiel du travail de promotion était assuré par les médecins transplanteurs. Très souvent, avant cette loi, nous avons participé à des campagnes d'information, dans des villes de province. J'y allais toujours avec des patients greffés qui témoignaient à mes côtés. J'ai animé de nombreuses soirées en province auprès des associations, des mairies, des écoles...Je me souviens en particulier d'une soirée pleine d'émotion, à Provins : certaines personnes sanglotaient dans la salle. Je n'avais pour ainsi dire pas parlé, laissant la parole aux greffés. Par la suite, le taux de don d'organes à Provins a fait un bond en avant.

La réflexion autour du don d'organe qui doit être suscitée dans la population ne devrait pas seulement appel au rationnel. Il y a dans ce domaine beaucoup d'affectif. Elle force à une réflexion sur la Vie, sur la Mort, qui peut gêner. Et qui n'est pas dans l'air du temps Je crois beaucoup à une communication axée sur l'émotion, qui viserait à sensibiliser la population sans la culpabiliser, mais en la faisant vibrer. Existe-t-il une plus belle preuve d'amour de la vie que le don de ses organes ? Et je crois qu'une Fondation peut jouer un rôle dans ce domaine.

Je suis très heureux qu'une Fondation voie le jour, car c'est une structure assez souple pour être efficace. Il est important que la Société Civile s'implique dans ce domaine.



 

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