|

|
La reconnaissance du don
Ils ont fait le don de vie
Le don après la mort
Affirmer son positionnement en faveur du don organes est une décision individuelle qui mérite le respect et témoigne de
la grandeur de l'Homme.
Mais lorsque les circonstances confrontent une famille au décès brutal d'un proche, ce qui était une conviction intime devient une
réalité qui s'impose au pire des moments.
Lorsque le sujet a été discuté au préalable, si douloureuses que soient les circonstances, le respect de la volonté
exprimée s'impose naturellement.
Mais trop souvent, jamais le don d'organes n'a été évoqué entre proches. Face à l'injustice d'une mort inattendue
et à la douleur qui l'accompagne,
il faut entendre et comprendre l'annonce de la mort, puis accepter de penser " aux autres ", ces inconnus qui resteront des ombres suspendues à la vie,
en attente d'une greffe salvatrice. Cela signifie qu'il faut envisager que l'intégrité du corps de l'être aimé puisse
être compromise.
Face à cette situation d'une grande violence, accepter la notion de prélèvement n'est pas une évidence, même si a posteriori,
savoir qu'un peu de celui qui est parti continued'exister au travers de ceux qui ont été greffés procure un grand réconfort à
ces familles.
Reconnaître à sa juste valeur non seulement l'acte de celui ou de celle qui a donné, mais aussi celui de ses proches et les difficultés auxquelles ils ont été confrontés.
Accompagner les familles des donneurs, cela semble évident et tellement naturel.
Pourquoi une telle démarche ?
Pour deux raisons :
*D'une part, pour les personnes transplantées, c'est une nécessité absolue.
Ceux qui ont reçu le don de vie ont besoin d'exprimer leur gratitude envers le donneur et sa famille. La règle de l'anonymat empêche cette reconnaissance d'être formulée
directement. Aussi, les personnes greffées sont rassurées de savoir que les familles ont été accompagnées et soutenues tout au long de leur parcours.
Les témoignages le prouvent. Ainsi, Virginie, jeune greffée du cour, dit : « J'ai une grande admiration pour le donneur et sa famille, à qui je dois la vie et à qui je pense tous
les jours ». L'époux d'une malade greffée du foie déclare : « je ne peux omettre d'associer, non sans une certaine émotion, ma profonde gratitude à l'égard de la famille
du donneur qui, dans des circonstances probablement très pénibles, a su faire abstraction de sa douleur et accepter ce don anonyme d'une exceptionnelle générosité ».
Ces deux témoignages montre à quel point l'accompagnement des familles demeure une préoccupation.
*D'autre part, parce que le don n'est pas un geste anodin
Accompagner les familles sous-entend reconnaître leur douleur, la valeur du don et exprimer la gratitude de la société toute entière.
L'accompagnement est une nécessité. Les proches ont besoin que l'on entende leur deuil et la souffrance face à la perte subite d'un être cher.
Pour ne pas se retrouver dans un sentiment de perdition, ils ont besoin d'être soulagés et d'être écoutés.
Il faut que leur deuil soit entendu et reconnu.
Nous sommes face à une personne unique, avec une famille unique, il faut donc inventer un accompagnement unique.
Le Don de son vivant
Donner une partie de soi pour venir en aide à quelqu'un qu'on aime n'est pas un geste anodin. C'est un acte fort, désintéressé et courageux, qui mérite le respect.
Le fait que les greffes à partir de donneurs vivants soient encore marginales en France explique sans doute la faible prise de conscience de la société face à cette démarche
et à ceux qui l'accomplissent.
La Fondation Greffe de Vie souhaite ouvrer pour qu'elle soit reconnue et pour que les donneurs se voient proposer un meilleur accompagnement, avant, pendant et après la greffe.
Stéphanie
Mon père est mort le jour de mes 26 ans
Ses organes ont sauvé trois vies.
Dés que mon père a été hospitalisé, j'ai pris conscience de la gravité de son état. J'ai déjà travaillé en hôpital et je savais ce qu'était la mort encéphalique,
mais je n'ai pas pensé au don d'organe. Ce n'est que le lendemain matin, quand son médecin m'a confirmé mes craintes par téléphone, que j'y ai songé.
J'en ai parlé à ma belle-mère pendant...
Joséphine Cossart
Infirmière coordinatrice de prélèvement
Je suis au coeur de la première partie de l'histoire
Je suis coordinatrice de prélèvements. C'est un métier éprouvant, mais c'est celui que j'ai choisi.
L'abord des familles est particulièrement sensible. Dès que le diagnostic de mort encéphalique est posé, j'assiste, avec le médecin réanimateur,
à l'entretien où l'on annonce la mort. Nous laissons à la famille le temps de se recueillir auprès du défunt. Dans un second temps, nous abordons...
|
|
|